Sunday, May 21, 2017

Charles Wyplosz: "Wolfgang Schaüble is a criminal"

The Swiss newspaper Le Temps published on 21 May 2017 an interesting interview with Charles Wyplosz, who argues that Wolfgang Schaüble is a criminal.

Charles Wyplosz: «Wolfgang Schaüble est un criminel»

Publié dimanche 21 mai 2017

Charles Wyplosz
Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’IHEID de Genève, constate que la reprise économique en Europe est réelle, mais reste fragile. Il accuse la politique d’austérité imposée par le ministre allemand des Finances d’avoir créé plusieurs millions de chômeurs européens
Selon les dernières prévisions conjoncturelles, l’économie mondiale s’est mise dans un cycle de croissance. Une grande récession, comme celle des années trente, a été évitée grâce aux mesures énergiques adoptées tant par les Etats que par les banques centrales. Professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et de développement (IHEID) de Genève, Charles Wyplosz analyse le climat d’optimisme dans la zone euro et met en garde contre les risques de dérapage.
Le Temps: Les études conjoncturelles annoncent le début d’une reprise mondiale durable. Partagez-vous aussi ce sentiment?
Charles Wyplosz: Pour ma part, je ne fais pas les prévisions. Je constate néanmoins que la consommation est repartie dans les pays industrialisés. Sans elle, il n’y a pas de reprise. Elle est robuste aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe. On s’interroge sur ce qui se passe au Royaume-Uni. Les pays en développement souffrent, mais ne pèsent de toute façon pas beaucoup dans la création de la richesse mondiale, à l’exception de la Chine. Qui, pour l’instant, tient bon.
– Mais quand est-ce que cette amélioration se fera-t-elle ressentir dans la zone euro?
– Un climat d’optimiste se ressent lorsque le chômage descend et les consommateurs achètent. C’est le cas à présent. Seul bémol: la situation politique reste difficile, sauf pour l’Allemagne. Nous constatons que c’est la fin des partis conservateurs et anti-marchés.
Avec l’élection de Trump et le vote en faveur du Brexit, les citoyens américains et britanniques réalisent qu’elles ont créé des situations difficiles. Les résultats de récentes élections aux Pays-Bas, en Autriche et tout récemment en France, montrent que les frustrations refluent. J’espère que cette tendance se poursuivra en Italie où le Mouvement 5 étoiles, même s’il n’est pas ouvertement raciste, garde un pouvoir de séduction.
– Puisque les cycles économiques sont de plus en plus de courte durée, faut-il craindre un retournement rapide de la conjoncture?
– Non. Les cycles sont plutôt longs. Nous avons traversé, au début des années 2000, une longue période de croissance soutenue. Par la suite, il y a eu un effondrement, mais il a été bref grâce à l’intervention des banques centrales qui ont agi avec une force inhabituelle. Nous sommes maintenant dans une phase post-crise qui est assez longue.
– Donc tout va bien?
– Pour l’Europe, le cycle vient de démarrer, en 2013-2014. A ce stade, il est loin d’arriver à maturation. Il peut continuer deux à trois ans. Aux Etats-Unis, le chômage est très bas et l’inflation commence à apparaître. On peut s’attendre à un retournement dans deux ans.
Cela dépend aussi de ce que le président Trump fera en politique économique. Son plan de relance de 1000 milliards de dollars ne se matérialisera probablement pas. Et on attend toujours ses cadeaux fiscaux aux entreprises. Cela dit, il n’y a pas deux cycles qui se ressemblent. Depuis 1945, ils durent en moyenne cinq à six ans.
– Pour revenir à la crise dans la zone euro, vous disiez que les Européens ont trop tergiversé avant d’agir…
– La Banque centrale européenne (BCE) a assez mal réagi dans un premier temps. Elle ne s’est pas rendu compte qu’on allait vers une récession. Il y a eu par la suite une crise des dettes publiques. On a perdu deux à trois ans. Un changement de leadership est intervenu à la BCE et les nouveaux dirigeants ont compris les enjeux. La banque centrale est alors intervenue puissamment et lourdement avec une politique d’assouplissement monétaire et une communication efficace.
Du coté des gouvernements, en 2008, le G8 s’était réuni d’urgence aux Etats-Unis et avait recommandé une politique expansionniste urgente. A l’exception de la Chine et du Japon, personne n’a agi de façon significative. Bruxelles a même imposé une politique d’austérité, ce qui a donné lieu à une deuxième récession en 2011-2012. Les Etats européens sont toujours paralysés par le Pacte de stabilité, qui ne convient pas dans une période de crise. Et encore, la Commission Juncker a été plus souple que celle de Barroso qui n’a pas su prendre de la distance avec Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances.
– En quoi Wolfgang Schäuble est-il concerné?
– Il est responsable d’une politique d’austérité en Europe qui a créé plusieurs millions de chômeurs. C’est criminel. La Commission a obéi à ses ordres. Le ministre allemand aurait dû comprendre que l’Europe était dans une situation de crise historique et que la priorité n’était pas de réduire les déficits, mais de créer des emplois. Il fallait tirer les leçons de la Grande dépression des années trente. Alors que la crise battait son plein, le président américain Hoover disait que l’État devait donner l’exemple et se serrer la ceinture. C’était le contraire qu’il fallait faire.
– Est-ce qu’on n’attend pas trop de l’Allemagne en lui demandant de réduire ses excédents budgétaires et commerciaux?
– Je ne suis pas convaincu qu’il faille faire des reproches à Berlin sur ces points. L’impact sur l’Europe d’une relance budgétaire en Allemagne serait limité. Cela consisterait à dire aux Allemands d’accumuler des déficits et des dettes pour nous faire plaisir. Si j’étais un contribuable allemand, je ne serais pas d’accord. Du reste, ce sont le secteur privé, les entreprises et les ménages allemands, qui sont les grands épargnants. L’épargne est une affaire personnelle et ce n’est pas à l’État d’y intervenir.
En revanche, les Allemands ont tort de ne pas profiter des taux d’intérêt bas pour investir. Financièrement et logiquement, ce serait une bonne affaire. Les livres d’histoire reprocheront aux décideurs allemands leur vision frigorifiée. Ils pensent toujours à tort que les Chinois vont continuer à leur acheter des Mercedes et que cela leur suffit.
– Mario Draghi, président de la BCE, a annoncé la fin de son programme d’assouplissement monétaire pour décembre 2017. Est-ce le bon timing?
– Ses propos sont plus nuancés. Il a certes parlé de décembre, mais en réalité, il a dit qu’il pourrait le poursuivre si la situation l’exigeait.
– Le Fonds monétaire international vient une nouvelle fois d’affirmer que les banques européennes n’ont pas fini de nettoyer leur bilan. Représentent-elles toujours un risque systémique?
– Il y a un problème massif non résolu en Italie. Les Italiens n’ont pas fait leur part de nettoyage des actifs pourris, ce qu’ils auraient dû faire il y a déjà cinq ans. Les Espagnols l’ont fait. J’ai des doutes pour les Français. Enfin, on verra comment les Allemands vont résoudre le problème avec la Deutsche Bank. Bref, la zone euro cache encore des cadavres. Si la croissance s’installe, tout sera pardonné. S’il y a une crise en Italie, ce sera toute la zone euro qui sera contaminée. La crise grecque est minime par rapport à un éventuel échec italien. Si l’Italie échoue, ce sera une affaire trop grosse pour la zone euro.
– Comment la Suisse pourrait-elle tirer profit de la reprise en Europe qui s’installe?
– La Suisse est un cas particulier. Sa croissance est concentrée dans les secteurs pharmaceutique et chimique. Dieu merci, des gens seront toujours malades et le marché des médicaments est assuré dans toutes les circonstances. En revanche, la chimie est plus dépendante de la conjoncture. Dans le cycle actuel, on peut dire que la Suisse se trouve dans une situation plutôt saine. En revanche, elle n’est pas à l’abri des conséquences d’un franc surévalué sur les exportations, plus particulièrement pour les exportations de produits et de services à faible valeur ajoutée. Le tourisme souffre aussi du franc fort.
Ceci dit, la Suisse se trouve dans une situation plutôt confortable grâce à ses nombreux autres atouts: un marché de travail flexible, une paix sociale, une modération salariale. Elle va bien aussi longtemps que la zone euro, son principal marché, croît. Mais attention à l’Italie; elle peut faire dérailler la zone euro et par ricochet, la Suisse.
– Enfin, la mondialisation. Le sujet fait débat dans les pays industrialisés. Des dirigeants politiques dont le président américain Donald Trump et plus récemment le président français Emmanuel Macron, prônent le protectionnisme…
– Les économistes ont fait une lourde erreur. Ils ont dit que l’intégration et le progrès technologique sont très bons pour l’économie. Mais ils ont oublié de dire qu’il y a aussi des perdants. On a toujours su que la mondialisation crée des inégalités. Les politiques le savent aussi, mais ils ne l’ont pas dit non plus.
Une frange de la population a effectivement profité de la mondialisation alors qu’une autre, celle qui n’a pas une bonne formation et qui s’adonne à des activités peu lucratives, est perdante. Cela a duré pendant au moins vingt ans, provoquant une grande colère. Résultat: les Américains ont élu un Trump à la tête des Etats-Unis et les Britanniques ont approuvé le Brexit.
– Comment agir à partir de ce constat?
– Taxer les riches, comme l’avait préconisé le président Hollande, fait fuir les entrepreneurs. Ce n’est pas en pénalisant les élites qu’on comblera le fossé entre riches et pauvres. Dans les pays industrialisés, la solution passe par l’éducation des jeunes et par la formation pour les moins jeunes. Dans un pays comme la France, fabriquer des appareils ménagers n’a pas de sens. Dans vingt ans, l’Europe arrêtera de produire de l’automobile, comme elle a arrêté de produire la charrue.
Il faut protéger les personnes, pas les emplois. Nous pouvons regarder l’exemple des pays scandinaves. La Suède, par exemple, est relativement petite et très mondialisée. Elle s’est transformée complètement ces dernières années et a fait de la place pour les jeunes dans des activités technologiques. Des personnes plus âgées ont abandonné des métiers dépassés et ont été formées pour des métiers qui resteront indispensables: commerciaux, comptables ou techniciens.

Monday, March 13, 2017

The democratic deficit in economic policymaking is one of the great challenges of our times

This is an old post but I am afraid it's still valid today. I hope it won't be valid anymore in another 8 or 9 years when I hope to be 77 or 78 years old or young depending on your perspective. By the way, why is this democratic deficit in econmic policy making so obstinate?

Wednesday, December 3, 2008

The credit crisis and the crisis of capitalism

The credit crisis is a sign of deep problems of the capitalist world. But these deep problems are hardly considered by mainstream economists and policymakers trying to solve the crisis. Both groups tend to limit their scope and view. They see the resolution of the credit crisis mainly in terms of improved regulation and, possibly, some minor changes in the global monetary and financial system.

However, this is not the best way to find a long-lasting solution. Even though earlier crises were solved in the same way and even though the capitalist system has proven to be able to adapt itself to new circumstances, a broader approach is needed.

"Capitalism" and "capitalist" societies show different varieties. Capitalism in Germany is different from that in France, and capitalism in the US is different from that in China. The US is often seen as a "pure" or neoliberal capitalist society, but it has many governmental business-supporting institutions and mechanisms. Private companies are grateful for these mechanisms and have no problem in asking for government support, neither yesterday nor today. On the contrary, commercial banks and other companies have asked for massive government support and still continue to do so. And both the US government and European governments have been willing to provide the hundreds of billions of dollars private companies asked for.

The above illustrates two serious problems with the current steering of capitalist economies. First, there is a lack of vision in the policies pursued so far and envisaged tomorrow. Second, there is a lack of ideas and institutional mechanisms to make the economic policymaking more democratic.

The resolution of the credit crisis still lies in the hands of a very limited group of economists and policymakers. The rest of the world is merely bystander – hoping for the best.

"Dreaming" about ways to tackle the democratic deficit in economic policymaking is not a childish hope (see my post of November 27). It is an ideal politicians and citizens around the world should energetically defend. Addressing the democratic deficit in economic policymaking is one of the great challenges of our times. Citizens and politicians should take this challenge much more seriously.

Monday, February 27, 2017

French professor detained 10 hours at Houston airport

L’historien français Henry Rousso a été détenu dix heures à la douane américaine et a failli être refoulé des États-Unis. | AFP
The news below does not have to do with economics, which is the main topic of this blog. But I think it is better to put the story here than in one of my other blogs, as it is an issue of general concern. It's about the freedom of traveling, about the free flow of people (instead of the free flow of capital and goods).

The story reminds me of the days when I entered the United States and was interrogated in the usual manner, having to answer the question if I were a communist or a homosexual. I always answered in the negative, to prevent giving the officer an official (yes, official!) reason to not let me enter the United States, a country that pretended to be the champion and defender of "the free world".

Here is the story, in French, as it concerns a French citizen and I'd like to encourage English speaking people to try and understand another language if they are used to just reading texts in English. With the help of google translation, these days you can understand many languages.   

États-Unis. L’historien français Henry Rousso retenu dix heures à la douane


L’historien français Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’Occupation nazie en France, a failli être refoulé récemment des États-Unis alors qu’il se rendait dans une université du Texas. Âgé de 62 ans, ce professeur d’université, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a été arrêté « par un officier inexpérimenté », qui l’accusait d’être en situation illégale, et détenu dix heures à la douane.
Voilà qui aurait fait désordre - et ajouté un agacement de plus aux crispations entre les États-Unis et la France. L’historien français Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’Occupation nazie en France, a failli être refoulé des États-Unis, victime selon lui d’un policier « inexpérimenté » qui l’accusait d’être en situation illégale.
Âgé de 62 ans, Français juif né en Égypte, professeur d’université et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Henry Rousso se rendait le 22 février dans une université au Texas (sud).

« J’ai été détenu durant 10 heures »

« J’ai été détenu durant 10 heures à l’aéroport international de Houston, près d’être refoulé. L’officier qui m’a arrêté était « inexpérimenté » », a écrit samedi en anglais Henry Rousso sur Twitter.
I confirm. I have been detained 10 hours at Houston Itl Airport about to be deported. The officer who arrested me was "inexperienced" https://twitter.com/ruthbenghiat/status/835596604220526595 


Dans un récit détaillé publié dimanche sur le site du Huffington Post, M. Rousso a expliqué que cet agent « ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception » de visa.
L’agent lui reprochait de n’avoir « qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail », alors qu’il s’apprêtait à faire une intervention rémunérée lors d’un colloque. L’historien raconte être alors accusé d’être « revenu travailler " illégalement " avec un visa expiré ».

L’aide d’une professeure de droit

Les responsables de l’université sont parvenus à empêcher l’expulsion de M. Rousso avec l’aide d’une professeure de droit spécialisée dans les questions d’immigration, Fatma Marouf, selon un site d’informations de la région où est implantée l’université, The Eagle.
Invité dans de nombreuses universités ou centres de recherches aux États-Unis comme Harvard ou le Musée du Mémorial de l’Holocauste à Washington, M. Rousso a notamment publié « Le Syndrome de Vichy » (1987).
« J’ai beau expliquer que ma situation n’a rien d’anormal, sinon l’université n’aurait pas pu m’inviter, rien n’y fait », raconte M. Rousso. « N’étant pas en possession d’un document fédéral m’autorisant à travailler aux États-Unis, je suis en infraction », poursuit-il, une décision confirmée par le supérieur hiérarchique du policier qui le contrôle.

« Ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés »

M. Rousso raconte avoir ensuite subi « un interrogatoire étendu », avec les mêmes questions posées « près d’une dizaine de fois », un relevé de toutes ses empreintes digitales, « pourtant déjà enregistrées dans le système comme pour tous les visiteurs », et « une fouille au corps en règle ».
Il sera finalement libéré peu après 1 h 30 dans la nuit. Un policier lui explique alors que le fonctionnaire « était + inexpérimenté + et ne savait pas que certaines activités, dont celles liées à la recherche et à l’enseignement, bénéficiaient d’un régime d’exception ».
« À aucun moment, ni lui, ni ses collègues ne se sont excusés », relève l’historien, « abasourdi ».

« Arbitraire » et « incompétence »

« Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale », estime-t-il, convaincu que « les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis ».
Sur son compte Twitter, M. Rousso a remercié les personnes qui lui ont manifesté leur soutien, assurant : « Ma situation n’était rien comparée à celles de personnes que j’ai vues et qui ne pouvaient être défendues comme je l’ai été ».
Un décret, suspendu par la justice, avait été pris fin janvier par le président américain Donald Trump pour interdire momentanément l’entrée aux États-Unis des citoyens de sept pays majoritairement musulmans - dont l’Égypte ne faisait pas partie - et aux réfugiés.
L’administration Trump a donné aux autorités une plus grande latitude dans l’expulsion des clandestins. Elle a autorisé les agents de l’immigration à interpeller la plupart des personnes en situation irrégulière qu’ils rencontreraient dans l’exercice de leur fonction, ne faisant une exception explicite que pour les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire, les « Dreamers ».
 

Thursday, February 23, 2017

The predictable post-1991 world is gone

Another thought-provoking piece, written by a Russian journalist, Leonid Ragozin, and published by The Moscow Times.

The immediate result of Trump’s victory is that the structured and more-or-less predictable post-1991 world is gone

Feb 7, 2017
Shock, as ever, was followed by denial. The American people couldn’t have consciously committed such a suicidal act, so the logic went. They must have fallen under the charms of Russian agents of influence.
If you were to read the headlines, you would think Moscow had an unrivaled capacity to change the course of world history. The Kremlin, no doubt, is reveling in the idea of its supposedly supernatural abilities. In reality, however, the impact of its hectic interventions was quite modest, if not insignificant.
It’s not Russian hackers or FSB spooks who made half of America vote for Trump. The reason that Trump pulled off his shock victory is the deep polarization of U.S. society; the emergence of two American nations — one liberal, the other illiberal.
The United States is not unique. Pretty much every nation in Europe is either already polarized, or drifting in that direction.
The new global political barricade cuts through nations, ethnicities, religion, and even families. Notions of right and left, or geopolitical divides are no longer relevant. In simple terms, it is the conflict between the 20th and 21st century.
Those who look back at the 1930s or 1960s with nostalgia invariably end up voting for Trump, Putin, Brexit, or the swarm of populist nationalists besieging the European Union. People on the other side of the barricade — weak and naive as they may be — want the world to keep moving forward as it did during the post World War II era.
The breakdown differs from nation to nation. In Russia, polls show only between 14% and 20% actively oppose Vladimir Putin’s regime, which has built a broad support base by glorifying (and falsifying) Soviet and imperial history. In the U.S., with its healthier political culture and stronger institutions, a relative majority actually voted for Hillary Clinton, even though Trump eventually won on account of the adjusted electoral college vote.
Yet it is exact same divide that runs through the U.S., Russia and much of Europe. The split is generated by contemporary global culture, not by these countries’ rather different histories. A modern Russian (or Polish, or British) progressive liberal is culturally closer to their American equivalents than to compatriots in the opposite political camp. Progressive liberals all around the developed world live in the same cultural bubble. They watch the same TV series, read the same books, copy the same role models and laugh at the same jokes. Their opponents, meanwhile, live in a shared global bubble of kitsch infotainment, sleazy tabloids and fake news inciting hatred towards immigrants and intellectuals.
Ironically, it was the camp of backward-looking isolationists that completed the process of political globalization when they started liaising and helping one another in their endeavors. The likes of Trump, Putin, Nigel Farage and Marine Le Pen are now acting as a united front in their effort to undo the imperfect, yet rather comfortable, world that emerged after the fall of European Communism in 1991.
As with many historical macro-alliances, the emerging Nationalist International is full of internal contradictions. The main one derives from the fact that it is hard to sustain a global alliance while spreading hatred and animosity toward neighbors and minorities. These movements and regimes suffocate without a clear enemy they can vent people’s anger at. For this very reason, it will be hard for Vladimir Putin to operate domestic politics in the absence of a perceived American threat.
Hitler, of course, resolved this dilemma and found valuable allies all across Europe by directing people’s fury towards the Jews, a minority present in every European country. In a similar fashion, today’s far-right are all targeting Muslim immigrants and, increasingly, their own liberal-minded compatriots. The main immediate result of Trump’s victory is that the structured and more-or-less predictable post-1991 world is gone. In its place is a window of possibility for both horrible and unbelievably optimistic scenarios.
Ultimately, our future will depend on the moral, intellectual and—alas—physical strength of those on either side of the global barricade.

Wednesday, February 22, 2017

Creditors continue to torture Greece

Romaric Godin
For those who read French or use google to translate, here is an interesting article written by well-informed journalist Romaric Godin in the French newspaper La Tribune.

Grèce : le troisième mémorandum ne cesse de se durcir

 |  21/02/201

Obsédé par son objectif de faire entrer le FMI dans le plan de soutien à Athènes, les créanciers européens ont encore une fois demandé des mesures dures à Athènes. 

Dans son roman, Grandeur et Décadence de César Birotteau, Balzac trace le portrait du « petit père Molineux », un propriétaire dont le loisir préféré consiste à tourmenter ses locataires et créanciers. Lorsqu'il le rencontre au bal du parfumeur qui signera sa chute, l'ennemi de Birotteau, le banquier Le Tillet, se fait à lui-même cette réflexion : « Si le père Birotteau fait faillite (...), ce petit drôle sera certes un excellent syndic. (...) Il doit, comme Domitien, s'amuser à tuer les mouches quand il est seul chez lui. » Or, à mesure que la crise grecque s'éternise, l'Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances des Etats de la zone euro, ressemble de plus à ce « petit père Molineux ». Il semble prendre plaisir à torturer « sa » mouche, la malheureuse Grèce.

Concessions de l'Eurogroupe

Certes, dans sa réunion du lundi 20 février, l'Eurogroupe a prétendu « lâcher du lest » au gouvernement grec : il a accepté de renvoyer ses inspecteurs à Athènes, ouvrant ainsi la possibilité à terme d'une conclusion de la seconde revue du programme qui, elle-même, ouvre la porte au versement des fonds nécessaires aux remboursements des échéances de juillet prochain qui sont d'environ 7 milliards d'euros, principalement auprès de la BCE. Bref, l'Eurogroupe fait la fleur à la Grèce de ne pas fermer la porte à une faillite dont ils seront, eux-mêmes, les principales victimes.
Plus intéressant, sans doute, est la concession faite à Athènes d'accorder des mesures de croissance, en cas de dépassement des objectifs, comme le gouvernement grec l'a fait en fin d'année 2016 avec la prime accordée aux retraités. Mais, en réalité, l'Eurogroupe semble se comporter avec la Grèce comme le cruel empereur Romain Domitien, cité par Du Tillet, avec ses victimes. « La veille du jour où il fit crucifier son trésorier, il le convoqua dans sa chambre (...), le laissa partir joyeux et rassuré et lui fit même l'honneur de partager son dîner », raconte l'historien Suétone qui résume : « Sa barbarie était non seulement immense, mais encore astucieuse et imprévue. » Ainsi en est-il de l'Eurogroupe qui va faire payer très cher ses bontés.

De nouvelles mesures exigées...

Le gouvernement grec s'est en effet engagé à réaliser une nouvelle réforme des retraites, effaçant ainsi celle qu'il avait lui-même établi l'an dernier et qu'il avait fait accepter aux créanciers au prix d'immenses concessions (notamment des baisses de dépenses automatiques en 2018 en cas de déviation de l'objectif d'excédent primaire de 3,5 % du PIB). Il devra aussi accepter une réforme du marché du travail et une nouvelle réforme fiscale, quelques mois à peine après avoir relevé la TVA d'un point et durci l'impôt sur le revenu. En tout, a indiqué sans badiner, le commissaire européen aux Affaires européennes Pierre Moscovici, la Grèce va devoir encore réaliser des « efforts » de 2 % du PIB.

La logique perdante se poursuit

Très clairement, donc, les créanciers entendent poursuivre la politique menée depuis 2010 en continuant à l'aggraver. Désormais, le troisième mémorandum signé en août 2015, ressemble de plus en plus à une boîte de Pandore d'où surgissent chaque année de nouvelles mesures d'austérité. Et il ne faut pas compter sur les effets « compensatoires » des mesures de « croissance » : ces dernières seront forcément limitées par la marge de manœuvre budgétaire (qui n'est pas certaine d'être chaque année aussi vaste que celle de l'an dernier) et, surtout, de la bonne volonté des créanciers. Il ne s'agira que de « propositions » helléniques qui devront être validées et acceptées par les créanciers. Pas question donc de refaire l'opération de la fin de l'année dernière avec la prime sur les retraites qui avait été une décision unilatérale.
Or, selon Le Monde qui cite des sources européennes, « pas question pour les Grecs d'avancer leurs propres réformes tant qu'ils n'auront pas donné toutes les assurances aux créanciers que l'excédent primaire sera d'au moins 3,5 % en 2018 et 2019 ». Et, depuis 2010, tout est dans cette question de « confiance » utilisée par l'Eurogroupe pour obtenir davantage d'Athènes. Autrement dit, Athènes devra attendre pour relancer l'activité, pas pour faire l'austérité. C'est dire si l'on peut douter des déclarations de Michel Sapin selon lesquelles la Grèce est sortie de la logique austéritaire.

Séduire le FMI

C'est qu'en réalité, dans l'esprit des créanciers, la Grèce ne compte pas. Ces mesures ne visent pas à restaurer la compétitivité de l'économie hellénique, pas davantage à rétablir la force de son Etat que l'on dit défaillant, moins encore à rendre soutenable sa dette. Le seul et unique but de ces mesures consiste à résoudre l'impossible équation dans laquelle se sont enfermés les créanciers de la Grèce : parvenir à faire entrer le FMI dans un programme que ce dernier sait intenable tout en ne cédant pas sur la nécessité reconnue par le FMI de réduire le stock de dettes grecques. En exigeant de nouvelles mesures d'économie, les créanciers tentent de faire entrer au chausse-pied la soutenabilité de la dette grecque dans les calculs du FMI. La preuve en est que, d'après le gouvernement grec, l'Allemagne réclame « 10 ans » d'excédents primaires élevés. Une mesure qui ne servirait qu'un objectif : accumuler les réserves pour rembourser la dette. C'est donc une fiction de plus permettant notamment aux Allemands de maintenir cette exigence qui avait présidé à la naissance de ce troisième plan : la participation, théoriquement impossible, du FMI.

Un FMI divisé

Le Fonds de Washington n'a pas encore donné de réponse. Christine Lagarde rencontrera le 22 février Angela Merkel. Sa position est très délicate. D'un côté, les Européens pèsent lourd mais exige une nouvelle fois que le FMI oublie ses règles élémentaires de conduite, comme en 2010. Les membres émergents du Fonds pourraient hésiter à se lancer dans une nouvelle et coûteuse erreur. D'autant que le principal contributeur au Fonds, les Etats-Unis, semblent désormais, peu soucieux de tenir compte des intérêts allemands. La directrice générale du FMI va donc devoir se montrer très convaincante pour faire avaler à la direction du FMI cette nouvelle aventure grecque...

Des Grecs sans marge de manœuvre

Côté grec, la victoire est donc particulièrement amère, même si le gouvernement affirme avoir tenu ses « lignes rouges ». Il jure aussi que, pour tout euro de mesures additionnelles, il y aura un euro de « mesures compensatoires » sous forme de baisse d'impôts sur la propriété foncière, sur les sociétés ou sur la valeur ajoutée. Une ligne de défense peu crédible en Grèce compte tenu des capitulations répétées du gouvernement Tsipras, mais aussi des conditions posées par les créanciers. Comment ces derniers accepteraient-ils des baisses d'impôts alors qu'ils exigent des hausses pour séduire le FMI ? Bref, tout ceci semble peu sérieux. Comme la mouche de Domitien, la Grèce semble encore condamnée à une torture sans fin où son intérêt n'est qu'un élément accessoire pour ceux qui décident de son sort.

Dans son roman, Grandeur et Décadence de César Birotteau, Balzac trace le portrait du « petit père Molineux », un propriétaire dont le loisir préféré consiste à tourmenter ses locataires et créanciers. Lorsqu'il le rencontre au bal du parfumeur qui signera sa chute, l'ennemi de Birotteau, le banquier Le Tillet, se fait à lui-même cette réflexion : « Si le père Birotteau fait faillite (...), ce petit drôle sera certes un excellent syndic. (...) Il doit, comme Domitien, s'amuser à tuer les mouches quand il est seul chez lui. » Or, à mesure que la crise grecque s'éternise, l'Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances des Etats de la zone euro, ressemble de plus à ce « petit père Molineux ». Il semble prendre plaisir à torturer « sa » mouche, la malheureuse Grèce.

Concessions de l'Eurogroupe

Certes, dans sa réunion du lundi 20 février, l'Eurogroupe a prétendu « lâcher du lest » au gouvernement grec : il a accepté de renvoyer ses inspecteurs à Athènes, ouvrant ainsi la possibilité à terme d'une conclusion de la seconde revue du programme qui, elle-même, ouvre la porte au versement des fonds nécessaires aux remboursements des échéances de juillet prochain qui sont d'environ 7 milliards d'euros, principalement auprès de la BCE. Bref, l'Eurogroupe fait la fleur à la Grèce de ne pas fermer la porte à une faillite dont ils seront, eux-mêmes, les principales victimes.
Plus intéressant, sans doute, est la concession faite à Athènes d'accorder des mesures de croissance, en cas de dépassement des objectifs, comme le gouvernement grec l'a fait en fin d'année 2016 avec la prime accordée aux retraités. Mais, en réalité, l'Eurogroupe semble se comporter avec la Grèce comme le cruel empereur Romain Domitien, cité par Du Tillet, avec ses victimes. « La veille du jour où il fit crucifier son trésorier, il le convoqua dans sa chambre (...), le laissa partir joyeux et rassuré et lui fit même l'honneur de partager son dîner », raconte l'historien Suétone qui résume : « Sa barbarie était non seulement immense, mais encore astucieuse et imprévue. » Ainsi en est-il de l'Eurogroupe qui va faire payer très cher ses bontés.

De nouvelles mesures exigées...

Le gouvernement grec s'est en effet engagé à réaliser une nouvelle réforme des retraites, effaçant ainsi celle qu'il avait lui-même établi l'an dernier et qu'il avait fait accepter aux créanciers au prix d'immenses concessions (notamment des baisses de dépenses automatiques en 2018 en cas de déviation de l'objectif d'excédent primaire de 3,5 % du PIB). Il devra aussi accepter une réforme du marché du travail et une nouvelle réforme fiscale, quelques mois à peine après avoir relevé la TVA d'un point et durci l'impôt sur le revenu. En tout, a indiqué sans badiner, le commissaire européen aux Affaires européennes Pierre Moscovici, la Grèce va devoir encore réaliser des « efforts » de 2 % du PIB.

La logique perdante se poursuit

Très clairement, donc, les créanciers entendent poursuivre la politique menée depuis 2010 en continuant à l'aggraver. Désormais, le troisième mémorandum signé en août 2015, ressemble de plus en plus à une boîte de Pandore d'où surgissent chaque année de nouvelles mesures d'austérité. Et il ne faut pas compter sur les effets « compensatoires » des mesures de « croissance » : ces dernières seront forcément limitées par la marge de manœuvre budgétaire (qui n'est pas certaine d'être chaque année aussi vaste que celle de l'an dernier) et, surtout, de la bonne volonté des créanciers. Il ne s'agira que de « propositions » helléniques qui devront être validées et acceptées par les créanciers. Pas question donc de refaire l'opération de la fin de l'année dernière avec la prime sur les retraites qui avait été une décision unilatérale.
Or, selon Le Monde qui cite des sources européennes, « pas question pour les Grecs d'avancer leurs propres réformes tant qu'ils n'auront pas donné toutes les assurances aux créanciers que l'excédent primaire sera d'au moins 3,5 % en 2018 et 2019 ». Et, depuis 2010, tout est dans cette question de « confiance » utilisée par l'Eurogroupe pour obtenir davantage d'Athènes. Autrement dit, Athènes devra attendre pour relancer l'activité, pas pour faire l'austérité. C'est dire si l'on peut douter des déclarations de Michel Sapin selon lesquelles la Grèce est sortie de la logique austéritaire.

Séduire le FMI

C'est qu'en réalité, dans l'esprit des créanciers, la Grèce ne compte pas. Ces mesures ne visent pas à restaurer la compétitivité de l'économie hellénique, pas davantage à rétablir la force de son Etat que l'on dit défaillant, moins encore à rendre soutenable sa dette. Le seul et unique but de ces mesures consiste à résoudre l'impossible équation dans laquelle se sont enfermés les créanciers de la Grèce : parvenir à faire entrer le FMI dans un programme que ce dernier sait intenable tout en ne cédant pas sur la nécessité reconnue par le FMI de réduire le stock de dettes grecques. En exigeant de nouvelles mesures d'économie, les créanciers tentent de faire entrer au chausse-pied la soutenabilité de la dette grecque dans les calculs du FMI. La preuve en est que, d'après le gouvernement grec, l'Allemagne réclame « 10 ans » d'excédents primaires élevés. Une mesure qui ne servirait qu'un objectif : accumuler les réserves pour rembourser la dette. C'est donc une fiction de plus permettant notamment aux Allemands de maintenir cette exigence qui avait présidé à la naissance de ce troisième plan : la participation, théoriquement impossible, du FMI.

Un FMI divisé

Le Fonds de Washington n'a pas encore donné de réponse. Christine Lagarde rencontrera le 22 février Angela Merkel. Sa position est très délicate. D'un côté, les Européens pèsent lourd mais exige une nouvelle fois que le FMI oublie ses règles élémentaires de conduite, comme en 2010. Les membres émergents du Fonds pourraient hésiter à se lancer dans une nouvelle et coûteuse erreur. D'autant que le principal contributeur au Fonds, les Etats-Unis, semblent désormais, peu soucieux de tenir compte des intérêts allemands. La directrice générale du FMI va donc devoir se montrer très convaincante pour faire avaler à la direction du FMI cette nouvelle aventure grecque...

Des Grecs sans marge de manœuvre

Côté grec, la victoire est donc particulièrement amère, même si le gouvernement affirme avoir tenu ses « lignes rouges ». Il jure aussi que, pour tout euro de mesures additionnelles, il y aura un euro de « mesures compensatoires » sous forme de baisse d'impôts sur la propriété foncière, sur les sociétés ou sur la valeur ajoutée. Une ligne de défense peu crédible en Grèce compte tenu des capitulations répétées du gouvernement Tsipras, mais aussi des conditions posées par les créanciers. Comment ces derniers accepteraient-ils des baisses d'impôts alors qu'ils exigent des hausses pour séduire le FMI ? Bref, tout ceci semble peu sérieux. Comme la mouche de Domitien, la Grèce semble encore condamnée à une torture sans fin où son intérêt n'est qu'un élément accessoire pour ceux qui décident de son sort.

Amnesty concerned about "dehumanising" rhetoric of Dutch prime minister Rutte, Wilders and others

Amnesty International is right to be critical about "dehumanising" public statements by western politicians like Geert Wilders and Dutch prime minister Rutte.

Below you can read what AI says in its annual report, as reported by the French newspaper Le Figaro of today (22 Feb 2017):

Amnesty s'alarme des «discours de haine» portés par certains dirigeants

Dans son rapport annuel, l'ONG fustige une rhétorique «toxique» et les menaces que font peser sur les droits humains les «discours fondés sur la peur». La France est également épinglée pour sa gestion des réfugiés et la restriction des droits fondamentaux liée à l'état d'urgence.
Une rhétorique du «nous contre eux» dans un monde «de plus en plus divisé et dangereux». C'est, selon Amnesty International, l'une des principales menaces auxquelles a dû faire face le monde en 2016. À l'occasion de la publication de son rapport sur la situation des droits humains dans le monde, l'ONG revient sur les menaces qui pèsent sur les droits humains. Et pointe des responsables: Donald Trump aux États-Unis, Viktor Orban en Hongrie, Recep Tayyip Erdogan en Turquie, Rodrigo Duterte aux Philippines...
Ces dirigeants assument «des discours fondés sur la peur, l'accusation et la division» et «s'acharnent sur des groupes entiers de population, les désignent comme boucs émissaires et propagent l'idée selon laquelle certaines personnes sont moins “humaines” que d'autres», les premiers visés étant les réfugiés, dénonce l'ONG.
» Lire aussi - L'ONU rappelle Trump à l'ordre sur la question des réfugiés
Amnesty évoque notamment le décret anti-immigration fermant temporairement les frontières des États-Unis aux réfugiés et aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane -le «Muslim Ban-, suspendu depuis, ou encore l'accord «illégal et irresponsable» conclu entre l'Union européenne et la Turquie, permettant de renvoyer des demandeurs d'asile dans ce pays. Au total, l'ONG a dénombré 36 pays ayant «violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés». Comme en 2016, Amnesty est particulièrement sévère sur la question de la gestion des flux migratoires.

«La France est à la croisée des chemins concernant les droits humains»

«Les discours déshumanisants, c'est quand le premier ministre hongrois qualifie les migrants de “poison”, c'est quand Geert Wilders parle de la “racaille marocaine”, c'est aussi quand le premier ministre néerlandais écrit une lettre ouverte invitant les migrants à se comporter de façon “normale” ou de rentrer chez eux», a fait valoir le directeur d'Amnesty International pour l'Europe, John Dalhuisen, lors de la présentation du rapport. Les étrangers et les musulmans, «cibles principales de la démagogie européenne», sont «présentés comme une menace à la sécurité, à l'identité nationale, des voleurs d'emplois et des abuseurs du système de sécurité sociale», insiste-t-il.
(...)

Monday, February 20, 2017

Why many Dutch don't vote Dijsselbloem and his Labour Party (and do Greeks still trust Euclid Tsakalotos?)

Euclid Tsakalotos promising Jeroen Dijsselbloem to reform the Greek labour market.
Many Dutch who considered voting at the general elections of 15 March for the Labour Party (Partij van de Arbeid) have decided not to do so when they knew the Labour Party had put Dijsselbloem third on the list.

The main reason for not supporting the Labour Party is that Dijsselbloem has shown, as Chair of the Eurogroup, he is a neoliberal rather than a social democrat. In particular, he has shown this in his policy towards Greece. Instead of supporting the newly elected social democratic government of Tsipras, that in 2015 gave hope to Greeks, he arrogantly supported the neoliberal diktat of Greece's creditors who forced Greece to privatise (sell state property to foreign investors), cut back on public spending and 'reform' pensions and the labour 'market'.

Another reason why many Dutch do not vote for Dijsselbloem's Labour Party is that they see him as an obedient servant of Germany's minister of finance Schaeuble.

But I'd like to stress that Schaeuble's thinking is the same as that of many Dutch and German officials. So for me Dijselbloem is the typical minister of finance who faithfully follows the neoliberal dogmas and interests.

I am afraid the current Greek minister of finance, Euclid Tsakalotos, is doing the same, even though he was critical about so-called labour market reform in an interview last year. This is what he said (I think more as an intellectual than as minister of finance) to Euronews on 14 June 2016:

REFORMING THE LABOUR MARKET
Efi Koutsokosta:
“We see now in France that the government is trying to pass an unpopular labour reform and we see people in the streets demonstrating. Are you with the people demonstrating or with the French government that recently has become a very good friend of yours?”
Euclid Tsakalotos:
“Well, this is an issue that all countries will have to face, labour market reforms. I am not convinced that Europe is not doing well because of labour market inflexibility. We’ve been hearing this for very many decades. There have been a lot of moves to improve labour flexibility which have had little effect on employment.
In general, for instance, in Greece the institutions [that is, Dijsselbloem, Schaeuble and the others of the so-called Troika] are going to ask us to make firing more easy but we know and, as you know, I am an academic economist, the evidence is actually not there that if you make firing easier, you will get lower unemployment. What you do get is the same employment but with increasing insecurity for workers”.

However, yesterday (Monday 20 Feb) Tsakalotos agreed at a meeting of eurozone finance ministers chaired by Dijsselbloem that Greece’s bailout inspectors are returning to Athens to seek changes to the country’s tax, pensions and labour market laws, thus giving way to European pressure for deeper reforms. Who in Greece still have confidence in Tsipras and Tsakalotos?